Formation loi ALUR : les 42 heures obligatoires (2026)
Pas de formation, pas de carte. Et sans carte, pas d’activité. Depuis la loi ALUR, vos 42 heures de formation conditionnent le renouvellement de votre carte professionnelle, tous les trois ans. En 2026, deux nouvelles obligations viennent s’ajouter au tableau. Voici ce qui est réellement exigé, qui est concerné, et comment transformer cette contrainte en avantage.
L’essentiel en bref
- 42 heures sur 3 ans (ou 14 heures par an) pour tout titulaire d’une carte T, G ou S et ses collaborateurs habilités.
- Obligation issue de la loi ALUR (2014) et du décret du 18 février 2016, renforcée depuis le 1er janvier 2021.
- 4 heures fléchées : 2 heures de déontologie + 2 heures de non-discrimination dans l’accès au logement.
- Sans ces heures, la CCI bloque le renouvellement de la carte, valable 3 ans.
- Nouveau en 2026 : le décret LCB-FT du 24 avril 2026 rend la formation anti-blanchiment obligatoire et traçable, sous contrôle de la DGCCRF.
- À venir : une formation initiale des collaborateurs, dont le décret n’est pas encore publié (application visée au 1er juillet 2026).
- Les thèmes éligibles incluent l’IA et les outils numériques : une obligation transformable en productivité.
La loi ALUR, ou la professionnalisation d’un secteur

La loi ALUR, pour « Accès au Logement et un Urbanisme Rénové », est la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014. Un texte de 177 articles qui réforme en profondeur le rapport locataire-propriétaire, la copropriété, l’urbanisme… et l’encadrement des métiers de l’immobilier.
Son objectif : réguler le marché, encadrer les pratiques abusives, renforcer la transparence. Pour les professionnels, cela passe par une montée en compétence rendue obligatoire.
Concrètement, la loi ALUR a modifié la loi Hoguet (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970), socle réglementaire de la profession. Les modalités de la formation ont ensuite été fixées par le décret n° 2016-173 du 18 février 2016, en vigueur le 1er avril 2016, puis renforcées par le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020, applicable depuis le 1er janvier 2021.
14 heures par an ou 42 heures sur trois ans : la règle exacte
La règle tient en une phrase : 14 heures de formation par an, ou 42 heures réparties sur trois années consécutives d’exercice. Les deux formulations sont équivalentes ; la seconde offre de la souplesse.
Vous n’êtes pas tenu de faire exactement 14 heures chaque année civile. Vous pouvez concentrer vos heures sur certaines périodes, du moment que le total de 42 heures est atteint sur le cycle de trois ans. Pratique quand une année est chargée.
Ce cycle de trois ans n’est pas un hasard. Depuis la réforme, la carte professionnelle est valable 3 ans (contre 10 ans dans l’ancien régime préfectoral). Elle est délivrée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), et non plus par la préfecture. Le cycle de formation épouse celui de la carte : à chaque renouvellement, vous justifiez de vos 42 heures.
Êtes-vous concerné ? Un périmètre large
L’obligation ne vise pas que le patron de l’agence. Elle couvre toutes les personnes qui participent directement à l’activité réglementée :
- Les titulaires de la carte professionnelle, quelle que soit la mention : T (Transaction), G (Gestion), S (Syndic), ainsi que marchand de listes.
- Les représentants légaux et statutaires lorsque le titulaire de la carte est une société.
- Les directeurs d’établissement, de succursale, d’agence ou de bureau.
- Les collaborateurs habilités à négocier, salariés ou indépendants : négociateurs, gestionnaires, agents commerciaux et mandataires de réseau.
En revanche, l’obligation ne s’applique pas aux fonctions purement administratives (secrétariat, comptabilité) qui ne participent pas aux actes de transaction ou de gestion. Si vous « portez » une carte ou si vous négociez au nom d’un titulaire de carte, vous êtes dans le périmètre.
Ce qui compte (et ne compte pas) dans vos 42 heures
Les 4 heures obligatoires
Toutes les heures ne se valent pas. Depuis le 1er janvier 2021, le décret impose 4 heures fléchées sur l’ensemble du cycle :
- au moins 2 heures de déontologie des professions immobilières ;
- au moins 2 heures consacrées à la non-discrimination dans l’accès au logement.
Les thèmes éligibles
Le reste, soit jusqu’à 38 heures, se compose librement, à condition de rester en lien avec l’activité. Les domaines éligibles couvrent le juridique, l’économique, le commercial, la déontologie et la technique (construction, habitation, urbanisme, transition énergétique).
Formats et activités validables
Tous les formats sont admis : présentiel, distanciel (e-learning), formation ouverte à distance. Deux activités annexes sont également validables, mais plafonnées : la participation à des colloques ou conférences (2 heures par an au maximum) et l’enseignement (3 heures par an au maximum).
Point de vigilance déterminant : pour que vos heures soient valables, l’organisme de formation doit être enregistré (déclaration d’activité). Et pour espérer un financement, il doit être certifié Qualiopi. Une formation suivie auprès d’un prestataire non déclaré ne compte pas.

Justifier sa formation et renouveler sa carte
La preuve, c’est l’attestation de formation. Remise par l’organisme à l’issue de la session, elle mentionne les objectifs, le contenu, la durée et les dates. C’est ce document que vous transmettez au président de votre CCI lors du renouvellement.
La demande de renouvellement se fait deux mois avant l’expiration de la carte, en ligne, par courrier ou auprès de la CCI, moyennant une redevance réglementaire (de l’ordre de 130 à 160 €). Attention : une carte non renouvelée dans les délais entraîne la radiation du fichier national des professionnels de l’immobilier.
Le financement dépend de votre statut : FIF-PL pour les indépendants et professions libérales, AGEFICE pour les gérants relevant du régime des travailleurs non salariés, OPCO pour les salariés. Dans tous les cas, la prise en charge suppose un organisme certifié Qualiopi.
Que risque-t-on en cas de manquement ?
La sanction la plus immédiate n’est pas une amende : c’est le blocage du renouvellement. Sans justificatif de vos 42 heures, la CCI ne renouvelle pas la carte. Vous perdez le droit d’exercer, et votre fiche sort du fichier national.
La suite est plus lourde. Continuer à exercer sans carte valide, c’est s’exposer aux sanctions de l’exercice illégal prévues par la loi Hoguet, jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende. Sans compter le risque réputationnel et contractuel pour l’agence comme pour ses clients.
Deux évolutions 2026 à ne pas confondre avec les 42 heures
Vos 42 heures relèvent de la formation continue pour le renouvellement de la carte. En 2026, deux obligations distinctes entrent en jeu. Ne les confondez pas avec votre cycle ALUR.
Le décret LCB-FT du 24 avril 2026 (déjà en vigueur)
C’est la nouveauté à traiter en priorité. Le décret n° 2026-310 du 24 avril 2026, publié au Journal officiel le 25 avril et entré en vigueur le 26 avril 2026 sans délai de grâce, rend la formation anti-blanchiment (LCB-FT) obligatoire, structurée et traçable.
Le texte transpose la directive européenne (UE) 2024/1640 et crée un nouvel article D. 561-38-1-1 du Code monétaire et financier. Trois exigences cumulatives :
- former tous les collaborateurs participant aux obligations LCB-FT (titulaire de carte, négociateurs, agents commerciaux, assistants, comptables manipulant les fonds), dès l’embauche puis régulièrement ;
- un contenu adapté au profil de risque de l’agence et à la fonction de chacun, un module générique ne suffit plus ;
- une traçabilité complète : dossier individuel conservé pendant toute la durée des fonctions, puis cinq ans après.
Le contrôle relève de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Et le secteur est en première ligne : l’immobilier concentre la majorité des sanctions LCB-FT en France. Les manquements peuvent coûter cher, jusqu’à 150 000 € d’amende. La formation LCB-FT peut s’imputer sur vos heures ALUR, mais elle répond désormais à son propre régime de preuve.

La formation initiale des collaborateurs (encore attendue)
Dès 2014, la loi ALUR prévoyait que tout collaborateur habilité justifie d’une compétence professionnelle initiale, définie par décret. Ce décret n’a jamais été publié. Saisi par la FNAIM, le Conseil d’État a, le 25 février 2025 (décision n° 492640), enjoint au gouvernement de le publier sous six mois.
À ce jour, le décret n’est toujours pas paru. Le calendrier évoqué par le gouvernement vise une application au 1er juillet 2026, sous réserve de publication effective. Les modalités envisagées (portées par la FNAIM mais non confirmées) tournent autour de deux voies : une formation initiale de 42 heures (28 heures en présentiel + 14 heures en distanciel) ou 18 mois d’expérience dans un poste équivalent. Les collaborateurs déjà en poste seraient automatiquement reconnus.
Près de 120 000 collaborateurs seraient concernés. Le réflexe utile dès maintenant : recenser les postes visés, vérifier les habilitations existantes et anticiper un plan de montée en compétence.
Transformer l’obligation en avantage : l’IA appliquée à l’immobilier
Une fois les heures obligatoires couvertes, une question stratégique demeure : à quoi consacrer les ~38 heures restantes ? La plupart des professionnels les remplissent avec des modules juridiques classiques. Utile, mais rarement un investissement qui se transforme en chiffre d’affaires.
Il existe une alternative. Les formations à l’IA et aux outils numériques sont éligibles aux heures ALUR (domaines commercial et technique). Vous validez vos heures et vous repartez avec des compétences qui font gagner du temps dès le lundi suivant : rédaction d’annonces, qualification des leads, estimation assistée par la donnée, synthèse de votre CRM, automatisation des tâches répétitives.
Deux précautions, pour rester rigoureux. L’IA ne couvre pas les heures fléchées (déontologie, non-discrimination), ni l’obligation LCB-FT : ces modules restent à suivre à part. Et pour que les heures comptent et soient finançables, la formation doit être dispensée par un organisme déclaré et certifié Qualiopi.
OMIA, partenaire IA des PME immobilières à Lyon
Cabinet de conseil et d’intégration IA basé à Lyon et certifié Qualiopi, OMIA accompagne les PME; agences, promoteurs, foncières, asset managers… avec une logique simple : transformer une obligation réglementaire en gain de productivité réel. Ce n’est pas uniquement de la théorie, mais surtout des outils appliqués à votre métier.
C’est exactement ce que nous avons déployé chez Hudson Development, un promoteur-investisseur lyonnais multi-activités (promotion, asset management, foncière, marchand de biens) que nous accompagnons depuis début 2026. Le cas le plus parlant : sur les demandes de règlement, un assistant IA lit le lot de factures d’une opération et remplit automatiquement le tableau récapitulatif (montants HT/TTC, RIB, IBAN, BIC). Résultat, 1h30 gagnée par projet, du temps rendu au suivi de chantier et à la relation entreprises. Lire le cas Hudson →
Pour une PME lyonnaise de l’immobilier, l’enjeu est double : valider ses heures réglementaires et récupérer du temps sur les tâches qui n’en méritent plus. Voici par où on commence :
- Audit IA — On cartographie vos tâches chronophages et on identifie les cas d’usage à plus fort impact.
- Formation IA — Vos équipes montent en compétence sur des outils concrets, appliqués à l’immobilier.
- Automatisation — On automatise les tâches sans valeur ajoutée : annonces, relances, suivi des dossiers.
En résumé
L’obligation est fixe : 42 heures sur trois ans, des heures fléchées, une carte qui se renouvelle à ce prix. Ce qui n’est pas fixe, c’est le contenu que vous mettez derrière ces heures. C’est là que se joue la différence entre une contrainte subie et un levier de performance. À vous de décider ce que vos 42 heures vont vraiment vous rapporter.
FAQ
Combien d’heures de formation loi ALUR faut-il par an ?
14 heures par an, ou 42 heures réparties sur trois années consécutives d’exercice. La seconde option laisse de la souplesse pour répartir les heures sur le cycle.
Qui doit suivre la formation continue loi ALUR ?
Tous les titulaires d’une carte T, G ou S, leurs représentants légaux, les directeurs d’établissement et les collaborateurs habilités à négocier (salariés, agents commerciaux, mandataires). Les fonctions purement administratives ne sont pas concernées.
Une formation à l’IA compte-t-elle dans les 42 heures ?
Oui. Les formations à l’IA et aux outils numériques relèvent des domaines commercial et technique, éligibles aux heures ALUR, à condition d’être dispensées par un organisme déclaré et certifié Qualiopi. Les heures obligatoires (déontologie, non-discrimination) et l’obligation LCB-FT restent à traiter à part.
Le décret LCB-FT de 2026 est-il déjà applicable ?
Oui. Le décret n° 2026-310 du 24 avril 2026 est entré en vigueur le 26 avril 2026, sans délai de grâce. Toutes les agences doivent former leurs collaborateurs à la LCB-FT, de façon adaptée et traçable, sous contrôle de la DGCCRF.
Quelle est la durée de validité de la carte professionnelle ?
3 ans depuis la réforme issue de la loi ALUR (contre 10 ans auparavant). Elle est délivrée par la CCI, et son renouvellement est conditionné au respect de l’obligation de formation.
Que se passe-t-il si je ne fais pas mes 42 heures ?
La CCI bloque le renouvellement de la carte et vous radie du fichier national. Exercer sans carte valide constitue un exercice illégal, passible de sanctions pénales prévues par la loi Hoguet.
La nouvelle formation initiale des collaborateurs est-elle déjà obligatoire ?
Non. Le décret n’est pas encore publié à ce jour. Le gouvernement vise une application au 1er juillet 2026, sous réserve. Les modalités (42 heures ou 18 mois d’expérience) restent des propositions non confirmées.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. À jour de juin 2026 ; les textes en cours d’adoption sont à vérifier au Journal officiel.